jeudi 27 juillet 2017

LES SŒURS CARMINE # 1 de Ariel Holzl


LES SŒURS CARMINE  
# 1

LE COMPLOT DES CORBEAUX




Éditions Mnémos
Collection Naos
272 pages
17 euros


Le pitch :

Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses sœurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.

Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…




Voilà un trio de soeurs qui décoiffe autant que leur prénom ! Tristabelle, l'aînée qui joue la précieuse superficielle mais qui à mon avis cache bien son jeu, Merryvère la seconde qui endosse le rôle de monte-en-l'air pour subvenir aux besoins de la famille et enfin Dolorine, la petite dernière de 8 ans qui possède le pouvoir de voir et parler aux morts. Une rousse, une blonde, une brune, chacune de père différent et inconnu.

Les soeurs Carmine vivent seules à Grisaille, la mère ayant disparue de la circulation sans prévenir depuis un petit moment. Grisaille qui porte bien son nom, est une ville qui s'étale sur un versant de colline plongeant dans la mer. Sur le haut, le gratin, les huit familles nobles se partageant les rênes décisionnaires de la ville. Chaque famille possède un pouvoir particulier, elles sont chapeautées en ce moment par une reine issue du clan de la famille Du Lys, jusqu'au prochain remaniement...sanglant. Vers le milieu de la ville se trouvent les bourgeois, les artisans, les Carmine. Et enfin, coincé contre la mer, les Bas-fonds, les quartiers chauds, la vermine. 

C'est un peu la dèche pour les soeurs Carmine, Dolorine en a d'ailleurs marre de manger des patates. Acculée par le passage imminent de l'huissier réclamant l'impôt royal, Merry accepte un contrat qui va s'avérer un fiasco. Beaucoup de prises de risques, de danger pour au final ne ramener qu'un coffret contenant une petite cuillère !!! Dépitée elle l'offre à Dolorine et repart essayer de tirer quelques sous du coffret. Elle va très vite se rendre compte qu'elle a à ses basques bien trop de clans déterminés à l'éliminer pour une affaire aussi banale. Et les ennuis ne vont faire qu'empirer.

Des courses poursuites très rythmées dans une ambiance de crinolines et de retenues qui m'ont rappelé la géniale urban fantasy de Cail Garriger. Ariel Holzl nous livre la sienne qui est tout aussi savoureuse. Une plume fluide, un humour décalé que j'ai vraiment adoré. Je vous livre la version holzlienne du doigt d'honneur comme exemple :

- Silence, couillon ! ajouta le ferronnier à sa solide rhétorique.

- Ah, oui ? Viens donc me la fermer, pose-semelles ! répondit l'orateur en y joignant un signe des doigts qui tenait plus de la biologie que des mathématiques.
Franchement j'adore, et il y en a à la pelle des comme ça, c'est fin, c'est délicieux.

Le récit alterne entre une narration classique du point de vue de Merry et les pages du journal intime de Dolorine. Ces dernières, si elles servent énormément à l'intrigue, apportent beaucoup plus que ça. C'est un véritable régal que de suivre les réflexions de cette môme ! Ses refus d'obtempérer aux solutions radicales que lui proposent Monsieur Nyx, sa poupée psychopathe avec qui elle dialogue. Ses interrogations sur les attitudes des adultes qui l'entourent valent leur pesant d'or.

Ces passages m'ont entièrement conquise au style de cet auteur et je piaffe d'impatience à lire la suite. Le complot des corbeaux est un pur moment de détente que je ne peux que vous conseiller de découvrir. Et pour mon plus grand bonheur, une couverture sublime et des illustrations intérieures que l'on doit à Melchior Ascaride font de ce livre un bien bel objet.




mercredi 26 juillet 2017

La couv du prochain Chattam




Sortie début novembre 2017



Il fait partie de la série avec Ludivine et la section de recherche de Paris que j'avais déjà côtoyé dans La conjuration primitive qui m'avait beaucoup plu.
Entre temps est sorti La patience du diable... pas lu ! Me reste donc 3 mois 1/2 pour rattraper ce retard inadmissible.  



mardi 25 juillet 2017

SIX OF CROWS # 2 de Leigh Bardugo




2 - LA CITÉ CORROMPUE


Éditions Milan
660 pages
18,90 euros



4ème de couv :

VENGEANCE, COMPLOT, TRAHISON.

Une mission sépare Kaz et ses complices de la liberté.
Une mission pour survivre, devenir riches et obtenir la gloire.
Une mission au cours de laquelle tout Ketterdam se dresse contre eux.

VIOLENCE, ALLIANCE, RÉDEMPTION.

Une partie mortelle. Six destins.
Quand les dés sont truqués, ils changent les règles du jeu...





On retrouve notre équipe de Corbeaux exactement là où l'auteur les avait laissés dans le tome 1. Comme en plus je les ai enchaînés, il n'y a eu aucune rupture, aucun changement si ce n'est le poids du livre nettement supérieur ! Enfin, je dis six, mais ils sont amputés d'un membre kidnappé par le mercurien Van Eck. Même si la trahison de ce dernier lui reste un poil dans la gorge, ce qui ennuie le plus Kaz c'est qu'il a dévoilé son talon d'Achille : Inej, et de ce fait il est bien obligé de se l'avouer à lui-même...

Décontenancé notre Kaz ? Oh pas longtemps, je vous rassure ! On entend, et voit presque même, les rouages de son cerveau se mettre en marche alors que Van Eck n'a pas encore disparu à l'horizon de ce point de rendez-vous. Et déjà un plan d'attaque se profile. Dès ce premier chapitre je savais qu'il allait le payer fort cher ce pauvre mercurien... 

Et comme d'habitude, nous (le lecteur) comme les autres membres de cette équipe n'en auront qu'une vue parcellaire de ce plan. Mais chaque étape est prévue à l'avance, avec pour chacune un plan B, voire un plan C. Rien, jamais rien n'est laissé au hasard.

Il leur faut donc :
- Récupérer Inej
- Protéger Kuweï, le fils de l'inventeur du jurda parem qui excite la convoitise de toutes les communautés.
- Récupérer la somme rondelette promise
- Se venger de la trahison de Van Eck
Et toujours en toile de fond, la menace du Jurda parem et le chien de la chienne à rendre à Pekka Rollins...

Kaz va mixer tout cela dans son cerveau incroyable et cela va donner un tome 2 bourré d'actions qui avancera vitesse grand V, avec de nombreux coups de théâtre et revirements de situation. Au menu : prises d'otages croisées, OK Corral sur les ponts de Ketterdam, cambriolages, règlements de comptes sur les toits de la cathédrale ou sur un fil d'équilibriste (de quoi filer un sacré vertige je vous promets!), spéculations boursières crapuleuses et vente aux enchères truquées. Rien n'arrête nos Corbeaux menés par leur canaille de chef !

Alors que le premier opus faisait la part belle au couple Nina-Matthias, ce second mettra l'accent sur la relation entre Jesper et Wylan. J'ai adoré cette sincérité, cette pureté dans leur attirance. Cette évidence, voilà, c'est le terme qui la définit le mieux. L'auteur n'en délaisse pas moins Kaz et Inej, dont elle continue à approfondir la psychologie ambiguë. La simplicité d'Inej faisant le pendant à la complexité de Kaz, c'est indéniablement ce duo là qui m'a le plus plu.

La plume de Leigh Bardugo est un régal et elle a su me tenir en haleine pendant 1056 pages, rendre incroyablement vivant ces six Corbeaux. En perdre un en chemin a été un déchirement, presque autant que de savoir que cette saga s'achève là. Ma foi, si l'auteur se décide pour faire un Five of Crows, je serai au rendez-vous ! En attendant j'ai lu quelque part que Milan avait racheté les droits de la trilogie Grisha. Je serai ravie de poursuivre mes connaissances de cet univers qui est commun aux deux séries.
Je terminerai cette chronique sur une éloge à la qualité des ouvrages et notamment aux superbes illustrations intérieures et de couvertures que l'on doit à Thomas Walker. J'aime vraiment beaucoup ces dessins réalisés uniquement avec du contraste de noir et de blanc. Une belle réussite !

Dans l'ordre, Kaz et Inej, Nina et Matthias, Jesper et Wylan.











lundi 24 juillet 2017

SIX OF CROWS de Leigh Bardugo (Dup)





Éditions Milan
535 pages
17,90 euros





4ème de couv :

Dans les bas-fonds de la ville de Ketterdam, la mafia s’organise en gangs rivaux. L’homme le plus ambitieux et le plus jeune de la pègre est Kaz Brekker, dit « Dirtyhands ».

Prêt à tout pour de l’argent, il accepte la mission du riche marchand Van Eck, qui règne sur la ville : délivrer un savant du Palais de glace, réputé imprenable. C’est l’inventeur du jurda parem, une drogue qui multiplie sans limite les pouvoirs surnaturels de la caste des magiciens : les Grishas.

Kaz décide donc de réunir une équipe de six malfrats aux talents exceptionnels. Ensemble, ils peuvent sauver le monde de la destruction. S’ils ne entre-tuent pas avant…






Si vous suivez un tant soit peu ce blog, vous savez combien j'aime les romans polyphoniques. Alors inutile de vous dire combien j'ai adoré découvrir ce fameux Six of Crows dont on a tant entendu parlé, et que Phooka a déjà chroniqué ICI, parce que la narration alterne entre ces six crapules.

Nous faisons donc connaissance un par un avec les six personnages de cette fine équipe du gang des Dregs. Kaz tout d'abord, le chef, celui qui s'est entouré de cinq autres membres pour remplir le contrat le plus risqué, le plus insensé de toute sa vie. Pour plus de détail, relisez donc le résumé ci-dessus. À la clé, 4 millions de kruges (la monnaie officielle de Kerch) pour chacun d'entre eux. Voilà pour l'intrigue, au demeurant assez simple.

Cela commence donc piano piano, le temps pour Kaz de constituer son équipe. Cela permet de faire leur connaissance, de se repérer dans ce Barrel, les bas fonds de Ketterdam, capitale de Kerch, de découvrir les différents peuples et surtout les pouvoirs magiques des Grishas. Ils ont des dons pour manipuler qui les éléments, qui les humains. Dans cette dernière catégorie, certains s'en servent pour guérir, d'autres pour tuer, c'est selon leur formation en quelque sorte. La présence de ces Grishas place résolument ce roman en Fantasy, et même s'il porte l'étiquette jeunesse, je peux vous dire que voilà une série que l'on peut estampiller "de 7 à 77 ans".

Ce qui fait la saveur de ce roman, outre le choix de narration, outre la plume sûre et dynamique de Leigh Bardugo, c'est l'évolution des personnages tout au long de cette aventure. On apprend à les connaître petit à petit, on les apprécie tous immédiatement grâce au fait qu'on partage leurs pensées intimes et l'empathie est immédiate. Quelques flash-back permettent de mieux les cerner, connaître leurs failles et leurs peurs. Les voir changer, voir les liens qui se tissent, la formidable solidarité qui naît est LE véritable moteur de cette lecture.

Alors même qu'il démarre doucement, la profondeur de chaque personnage que l'on découvre petit à petit, m'a fait pressentir dès la première moitié du roman le coup de coeur à venir. J'ai donc savouré cette partie, puis quand l'action s'est enclenchée, lorsqu'ils approchaient de cet incroyable Palais de glace dont les descriptions sont justes fabuleuses, ce roman s'est transformé en un "inlâchable". Découvrant au fur et à mesure, les différents plans d'attaque de ce génie de Kaz. De ce démon de Kaz diraient certains ! Il est d'une imprévisibilité jouissive qui accentue la cadence de lecture, créant des surprises, des revirements de situations, des coups de théâtre.

Oui, je sais, je vous parle des personnages, sans jamais les détailler un par un. Vaut mieux pas sinon je serai intarissable et ma chronique est déjà bien assez longue. Si vous voulez en savoir plus, allez donc relire la chronique de Phooka. Moi je n'ai qu'un conseil à vous donner : filer de suite faire la connaissance de Kaz, Inej, Jesper, Wylan, Nina et Matthias. Ils sont tous dans mon coeur et d'ailleurs, comme j'ai le tome 2 sous la main, je vais m'empresser de les rejoindre d'autant que l'auteur les a laissés dans une situation plus que critique. 
Ce tome 1 est un coup de coeur, mais vous l'aviez bien compris !



vendredi 21 juillet 2017

ALONE de Scott Sigler

The generations

Livre 3




Editions juin
Sortie le 08/06/2017
605 pages
15 euros




« Aujourd’hui, nous ne sommes ni des Albonden, ni des hommes. Nous sommes le peuple d’Omeyocan et nous nous battrons ensemble jusqu’au bout. »
Depuis près d’un an, Em et les siens œuvrent main dans la main avec leurs anciens ennemis, les Albonden, pour faire d’Omeyocan un monde meilleur, le leur. Mais la tâche est loin d’être de tout repos et les menaces qui planent sur eux s’accumulent. À commencer par ces trois immenses appareils qui se rapprochent dangereusement de leurs terres et semblent nourrir des intentions bien peu pacifiques à leur encontre…
Sur le pied de guerre, Em et ses camarades scrutent le ciel, prêts à défendre leur territoire, mais le danger pourrait tout aussi bien venir des profondeurs… Réfugiés dans d’anciens tunnels, certains rebelles passent à l’attaque, bien décidés à mettre fin à l’alliance passée entre leurs compatriotes et les hommes.
Alors que les siens sont cernés de toutes parts et que les périls se multiplient, la jeune chef s’interroge. Pourquoi tant de peuples différents font-ils route vers Omeyocan ? La réponse à cette question pourrait bien leur être vitale, d’autant qu’une étrange épidémie de violence se répand et commence à créer des tensions au sein même de la population.
Et si Aramovski, l’ancien rival d’Em, avait raison ? Et si le Dieu du Sang existait vraiment… Oubliez toutes vos certitudes ! Scott Sigler conclut sa trilogie sans nous laisser aucun répit et nous emmène, entre ciel et terre, à la recherche de la dernière pièce manquante du puzzle.








Mes chroniques des deux premiers tomes commencent par "Alerte rouge, énorme coup de cœur". Alors je me demandais ce qu'allait me réserver ce troisième opus.
En lisant le premier chapitre, je me suis dit que cette fois ça allait être différent. Ça partait plus lentement ...
Oui mais ça , c'était avant. 
Avant d'attaquer le chapitre deux, puis le trois, puis de dévorer tout le livre.
Il est même totalement inlâchable pendant sa seconde moitié.

Du coup, je peux reprendre mon classique "Alerte rouge, chronique coup de cœur" !

Em et les Renaissants survivants se sont installés sur Omeyocan, une planète peu accueillante mais ils ont appris à vivre avec. Ils ont surtout appris à vivre avec le peuple des Sauterels, du moins une partie de ce peuple avec qui ils ont pactisé.
Pourtant rien n'est gagné, loin de là. 
L'autre partie du peuple Sauterels les combat dans cette jungle inextricable.
L'agriculture est extrêmement difficile et les plantations dépérissent. Ils ont encore des réserves de nourriture, mais ils doivent arriver à devenir autonomes.
Mais pire, bien pire est l'arrivée imminente de deux vaisseaux spatiaux. Cela ne peut être que synonyme d'ennuis car leurs habitants ont sans doute reçu le même appel qu'eux pour venir coloniser cette planète.

Alors Em en tant que chef doit tout gérer, la défense, les cultures, les développements scientifiques et les quelques 250 humains qu'elle a sous sa responsabilité. Bien sûr, elle n'est pas seule et elle peut compter sur l'aide de Bishop, Spingate, Gaston et les autres, mais sa responsabilité est grande. Pour quelqu'un qui est né il y a moins d'un an ...

Et évidemment la situation se complique.

Et si le dieu du sang existait vraiment ? Ou du moins une entité qui pourrait manipuler les gens à distance et les amener à s'entretuer pour lui?

La guerre va éclater. Une guerre ultime. A la fois dans les rangs des Renaissants, mais surtout vis à vis des "aliens" qui veulent à leur tour prendre possession de la planète pour leur "dieu". La pauvre Em doit faire face à tout, trouver des solutions. Comment combattre des milliers d'envahisseurs quand on est si peu nombreux. Comment faire face aux dissensions à l’intérieur même de sa faction? 
Em décide, tranche, se trompe parfois. Le lecteur la suit, la soutient, la critique aussi. Car oui Em, fait forcément partie de nous. Elle est notre grande ado qui doit se jeter dans la vie et qui se débat du mieux qu'elle peut. De nombreuses possibilités s'ouvrent à elle, pas facile de savoir quelle est la bonne. Parfois, ses réactions trop fortes agacent, on voudrait qu'elle tempère, mais Em est une battante. Elle va jusqu'au bout, elle est prête à tout pour sauver son peuple. Quitte à y laisser sa vie ou son intégrité.

Em, on l'aime, parfois aussi on la déteste, mais ce qui est sûr c'est qu'elle ne laisse pas indifférent. C'est un personnage de roman comme rarement j'ai rencontré, surtout que l'auteur la fait "changer" et même radicalement, mais je ne voudrais pas vous spoiler. Découvrez là ! Vraiment elle en vaut la peine !

Ce troisième opus signe la fin de le trilogie, mais on aimerait bien retrouver nos protagonistes un peu plus tard pour savoir ce qu'ils sont devenus. Je croise les doigts pour que l'auteur nous les fasse suivre un peu plus encore.

En attendant, The generations est vraiment une magnifique série qui mériterait d'être bien plus connue car elle porte en elle des personnages incroyablement forts et une histoire très originale. Sans doute une des meilleures séries YA/jeunesse de SF que j'ai lue récemment. Originale, pleine de suspense, de découvertes et servie par des personnages vraiment hors du commun. La série dans son intégralité est un immense coup de cœur.


Si vous avez manqué le début:



jeudi 20 juillet 2017

TERRITOIRES de Olivier Norek



Olivier Norek




Auteur(s) : Olivier Norek
Durée : 8 h 56 min 

Version intégrale | Livre audio

Date de publication :24/09/2015
Éditeur : Audible Studios


Le pitch :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L'exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d'à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé...
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles - loin d'être aussi fictives qu'on pourrait le croire - où les assassins eux-mêmes sont manipulés.





Deuxième enquête du capitaine Victor Coste que je découvre encore une fois grâce à Audible, et cette fois-ci l'histoire va se concentrer uniquement sur la commune de Malceny, dans le 9-3 toujours. Pour avoir lu plusieurs interviews de l'auteur, lui-même lieutenant de police de la section enquêtes et recherches du SDPJ 93, savoir que la plupart des scènes décrites sont vraies même si l'histoire dans sa globalité est une fiction, je peux vous dire que ce Territoires a une saveur, euh...âpre, amère. Disons le clairement, pendant toute ma lecture mon écoute je pensais à la chance que j'avais de ne pas y habiter !

Cette histoire commence par un, deux, puis trois meurtres en quelques jours dans les cités de Malceny. Coste est dessus mais se voit retirer l'affaire par les Stups. En effet ce sont les trois plus gros revendeurs de drogues du coin qui ont été assassinés. Les Stups comme Coste ont bien compris ce qui se passe : un autre caïd est en train de faire main basse sur ce territoire, en éliminant les sous-chefs, en contrôlant/terrorisant les "nourrices". Ces nourrices sont généralement des petits vieux de ces quartiers, isolés et manipulables qui sont amenés à accepter de stocker chez eux de grosses quantités de drogues et d'argent liquide en échange d'un "salaire" et d'une "protection".

Or une des nourrices, "un peu" bousculée par les nouveaux sous-chefs meurt d'une crise cardiaque et cette enquête là va revenir à l'équipe Crime 1 dirigée par Coste. Pas longtemps après un adjoint au maire est assassiné. De fil en aiguille, ils vont remonter l'écheveau et se retrouver plongés dans une sombre affaire mêlant drogue et politique, mettant en scène le vizir qui voulait être à la place du calife et madame Vesperini, maire de Malceny, dite "La Reine" (alors que le Dragon aurait été plus approprié à mon sens).

L'auteur nous fait découvrir les dessous de la gestion municipale de ces quartiers difficiles. Dessous pas toujours très cleans quand la soif de pouvoir et l'ambition de réélection animent les acteurs : emplois fictifs (ce n'était pourtant pas encore à la mode!), switch des budgets, dérapages et manipulations, le tout sur fond d'émeutes graves dans les quartiers.

La complexité de cette intrigue prouve bien qu'Olivier Norek domine très bien son second métier, celui d'écrivain. Ramifiée, enchevêtrée, avec des rebondissements quand il faut, du stress et de l'angoisse, de l'humour ou un soupçon de sentiments aux bons moments pour faire baisser la pression. Tout est géré au millimètre et c'est un sans faute.

Mais le gros plus de cet auteur c'est sa poignée de personnages qui constitue le groupe Crime 1. Même si Coste se situe au-dessus, Ronan, Sam et Johanna complètement intégrée cette fois, sont vraiment top. La détestable chef du groupe Crime 2 vaut aussi le détour ! Si Coste s'éloigne un brin de Léa la légiste, Ronan notre grand dragueur se fait mener par le bout du nez par une toute jeune procureur. De plus, je ne peux pas ne pas citer Monsieur Jacques, ce petit vieux qui était nourrice. J'ai adoré le lien qui s'est tissé entre lui et l'équipe. Et même La reine que j'ai trouvé terriblement réelle et forte malgré tout ses travers. L'auteur lui prête une telle répartie qu'on finirait presque par l'admirer... presque.

Bref, j'ai adoré ces 9 heures d'écoute passées en compagnie du capitaine Coste d'Olivier Norek. Ce dernier a gagné une fan de plus. Voilà un auteur dont je suivrai assidûment les sorties. Je suis déjà en pleine écoute de Surtensions et je crois bien qu'il ne dérogera pas à la règle des deux premiers, à savoir : coup de coeur !
J'ajouterai juste que cette écoute était parfaite grâce au narrateur François Montagut. Il  a enregistré pas mal de livres audios et je dois dire que mes prochains choix prendront en compte ce critère là également.



mardi 18 juillet 2017

DRAGON BLOOD d'Anthony Ryan



T1 : Le Sang du dragon


Editions Bragelonne

Sortie le : 17 mai 2017
25 euros
672 pages


À travers les vastes territoires contrôlés par le Syndicat du Négoce d’Archefer, rien n’est plus prisé que le sang des dracs. Ponctionné à même leurs veines, il est distillé en élixirs capables d’accorder d’incommensurables pouvoirs aux rares hommes et femmes connus sous le nom de Sang-bénis.

Mais une menace croissante pèse sur le Syndicat : les lignées de dracs s’affaiblissent peu à peu. S’ils viennent à s’éteindre, la guerre qui couve avec l’Empire corvantin voisin ne manquera pas d’éclater. Le dernier espoir du Syndicat réside dans la découverte d’une rare variété de drac, bien plus puissante que toutes les autres.

Claydon Torcreek, voleur de bas étage et Sang-béni clandestin, est enrôlé de force par le Protectorat et envoyé dans les entrailles du continent primitif d’Arradsie, sur la piste de cette créature légendaire. Lizanne Lethridge, vénéneuse espionne, doit quant à elle braver tous les dangers afin de mener à bien sa mission en territoire ennemi. Enfin, Corrick Hilemore, sous-lieutenant à bord d’un croiseur d’Archefer, se lance à la poursuite de dangereux pirates, sans se douter du péril qui le guette aux confins du monde.

Emportés par la valse des destins et des empires, du connu et de l’inconnu, tous trois devront lutter de toutes leurs forces pour inverser le cours de la guerre qui se profile… ou bien périr dans son sillage.






Claydon, Lizanne, Hilore. Trois personnages, trois destins. Tous liés sans le savoir.

Claydon est un voleur des bas-fonds. Il vit de rapines, de bagarres et de petits contrats. Son atout c'est qu'il est un sang-béni non-inscrit, une sorte de clandestin. Un sang-béni est un homme ou une femme qui a la capacité d’ingurgiter du sang de dragon et selon le type de dragon, il en acquiert des capacités particulières. Le sable lui donnera la force, le sinople la guérison, l'azur la communication à distance etc ... Ces sang-bénis n'absorbent pas le sang des dragons directement mais une sorte d'élixir distillé à partir du sang des dragons. Et pour obtenir ce sang, les hommes élèvent, exploitent, torturent et finalement détruisent les dragons à petit feu. Les dragons sont tellement surexploités que ceux qui sont élevés en captivité deviennent chétifs et fragiles, quant à ceux qui sont encore sauvages ils deviennent de plus en plus rares. Les dragons sont en voie de disparition !

Une légende court sur un dragon d'argent. un dragon qui aurait tous les pouvoirs. Un mythe. Mais du mythe à la réalité on sait que parfois ça ne tient qu'à peu de choses, alors une expédition est lancée par le Protectorat pour le retrouver. Dans cette expédition on retrouve des indépendants, ces chasseurs de dragons sauvages, des hommes et des femmes qui n'ont pas froid aux yeux. Le protectorat leur adjoindra Claydon, sang-béni clandestin dont le but sera de rester en contact à distance. Claydon n'a pas le choix, soit il y va, soit sa vie sera considérablement écourtée ...

Pour communiquer avec le Protectorat alors qu'ils seront loins, Claydon a besoin d'un "récepteur" et c'est là qu'intervient Lizanne. Lizanne est une sang-bénie, elle aussi, mais officielle. Elle a appris à se servir de tous ses pouvoirs et c'est une espionne extrêmement douée travaillant pour le Protectorat. Elle va rester en contact avec Claydon mais aussi fouiner partout pour essayer de trouver des informations sur l’endroit où peut se cacher cet Argent. Ainsi elle pourra transmettre ses avancées à Claydon pour que l'équipe aille où il faut.

Et puis il y a Hilmore, sous-lieutenant sur un croiseur, chasseur de pirates. Cette chasse va l'emmener beaucoup plus loin qu'il ne le pensait. Hilmore est un officier sérieux et doué, mais à priori il n'a rien de "spécial".

Et pourtant le destin de ces trois là est lié, mais il faut aller jusqu'au bout de ce tome pour entrevoir la lumière ...

J'avais déjà beaucoup aimé Blood Song du même auteur (voir chroniques à la fin de ce billet) , mais Dragon Blood vise beaucoup plus haut et atteint sa cible !! Un système de magie que ne dénigrerait pas Brandon Sanderson, une faune de dragons vraiment fantastique, une touche de steampunk avec les inventions de Jeremiah, de l'action à gogo, de l'aventure, du suspense, des complots machiavéliques. Franchement il vous en faut encore ?

Les chapitres concernant chacun l'un des personnages alternent. Le piège classique et réussi ! Clayton, Lizanne et Hilmore sont totalement opposés, ils ne se rencontreront quasiment pas de tout le roman et pourtant on sent la connexion entre les trois sans savoir vraiment pourquoi ni comment. C'est un réel plaisir de les suivre, de comprendre leur mode de fonctionnement et les liens qui se tissent entre eux. 

L'écriture est fluide et les lignes se dévorent. Je dis les lignes et non les pages, car ce roman est incroyablement dense et long. Les pages sont écrites avec une police petite, et franchement si le roman n'était pas aussi passionnant ça aurait été un calvaire ! Ceci étant dit, c'est un pur régal!

Dragon blood a tout pour plaire, des personnages atypiques que l'on découvre et que l'on aime petit à petit, du suspense et des machinations, des combats grandioses entre humains ou entre humains et dragons, un système de magie original, du steampunk et un bestiaire de dragons fabuleux. Un immense coup de cœur !!!


Du même auteur:


La voie du sang. Blood Song #1
Le seigneur de la tour. Blood Song #2
La reine de feu. Blood Song #3
Blood Song 1

lundi 17 juillet 2017

RÉCITS DU DEMI-LOUP -3- MERS BRUMEUSES de Chloé Chevalier





Éditions Le moutons électriques
365 pages
19,90 euros


4ème de couv :

Pour Cathelle et Aldemor, l'heure n'est plus aux regrets. Rien n'arrêtera ce qu'ils ont déclenché.

Véridienne et les Éponas, pour la première fois, lèvent les armes l'un contre l'autre. Sur les rivages des Mers Brumeuses, les Chats de Calvina et les guerrières de Malvane se jaugent, et les deux Suivantes, résignées et amères, se préparent à devoir verser le sang de leurs camarades d'enfance. Alors que leurs reines, à tort ou à raison, leur retirent peu à peu toute confiance et que leurs terres se transforment en cimetières, plus rien ne semble pouvoir empêcher les désastres à venir.

Les rêves se fanent, les espoirs se muent en vaines illusions, amitiés et amours se délitent, tandis que le Demi-Loup, les yeux bandés, danse au bord du gouffre.







Retrouver le Royaume du Demi-Loup reste un enchantement, tome après tome, alors même que la Preste-Mort continue à faire des ravages, s'étendant inexorablement, touchant les deux demi-royaumes, Véridienne et les Éponas.

Mais il n'y a pas que l'état sanitaire du pays qui se dégrade, la situation politique entre ces deux contrées également, alors que dans les campagnes, les Comtes s'agitent. Les deux princesses respectives ne gèrent plus grand chose, entre une Malvane qui refuse toujours aussi catégoriquement de se marier et une Calvina à l'esprit tourné uniquement vers les arts et le faste. La gérance de ces royaumes repose entièrement sur les épaules de leurs Suivantes, Nersès et Lufthilde.

Si le tome 2 faisait la part belle à Cathelle et Aldemor fomentant leur vengeance, ce tome 3 est centré sur les deux Suivantes. Leur belle amitié va en prendre un coup, car les événements planifiés par Cathelle qui les connait si bien, va fissurer la confiance qu'elles éprouvaient l'une pour l'autre. A mon grand regret d'ailleurs car jusque là c'était par le biais de leurs échanges épistolaires que l'intrigue avançait. Ces échanges disparaissent peu à peu pour laisser place à une narration classique. Rien ne change cependant du côté d'Aldemor, c'est toujours son journal de bord que nous lisons. Il est toujours dans les Terres de l'Est et prépare son grand retour.

En revanche la grande nouveauté de ce tome 3 c'est l'apparition d'un narrateur de plus : Crassu, le fils adoptif de Nersès. D'une intelligence brillante, il va faire de son handicap, la surdité, un atout précieux sachant parfaitement lire sur les lèvres. Il sera l'espion idéal, naviguant entre les deux camps grâce à son visage d'ange et la tendance des gens à le considérer comme un benêt à cause de ses difficultés d'élocution.

À mon sens le point fort de cette série des Récits du Demi-Loup sont les personnages. Les cinq gamines que l'on suivait au tome 1 ont sacrément évoluées. Aujourd'hui aucune d'elle ne se parle, chacune ayant les meilleures raisons du monde d'en vouloir aux autres. C'est là où l'auteur fait très fort car on les aime toutes et tous ses personnages, on ne peut qu'adhérer à leur point de vue. On souffre avec eux, on comprend leurs décisions même lorsque l'on sait le tort que cela va créer aux autres. Il n'y a aucun personnage clé à détester ici et c'est bien ce qui tord les boyaux car on sent que l'on se dirige vers l'implosion finale.

L'intrigue de Chloé Chevalier avance donc inexorablement, dans une ambiance de plus en plus sombre et tendue. Beaucoup de secrets seront révélés dans ce Mers brumeuses modifiant pas mal les rangs de la succession des deux lignées royales de Véridienne et des Éponas. C'est inutile de dire combien l'on est en attente de découvrir la suite de cette saga lorsqu'on referme ce troisième opus. Cette série est grandiose et ce tome 3 ne déroge pas à la règle, c'est un immense coup de coeur. Et toujours une superbe couverture que l'on doit à Merchior Ascaride qui transforme ces superbes livres en oeuvres d'art. Il aura fallu que je finisse ma lecture pour voir surgir de l'illustration le fameux renard rouge de Crassu !!! J'adore.



Chloé Chevalier sur Bookenstock :
Et très bientôt un Mois de :




EN
SEPTEMBRE 




vendredi 14 juillet 2017

VACANCES...







Comme chaque été, les Vénérables profitent aussi des vacances. On va lire quand même, on va chroniquer quand même. Donc parfois il y aura un billet, parfois non ... Ca dépendra du sens du vent, du taux d'humidité dans l'air ou du goût des pastèques ... Bref, on va pas se stresser ...


jeudi 13 juillet 2017

TIMELAPSE de Nadia Richard





Éditions Michel Lafon
316 pages
14,95 euros


Le pitch :

Le jour des 18 ans de Samantha, le temps s'est arrêté. Piégée 48 heures dans un monde où tous ceux qu'elle aime sont transformés en statues de cire, Sam réalise avec effroi qu'elle est la cause de ce phénomène. La vie reprend son cours, mais Sam, elle, est persuadée de devenir folle. Pourtant son don est on ne peut plus réel. Et convoité.
Alors que M. Delatour, son professeur de physique, s'intéresse subitement à elle, la jeune femme réalise avec stupeur qu'elle est incapable de figer le nouveau de la classe, le mystérieux Matthias. Seraient-ils plus liés qu'elle n'ose l'espérer ?
Mais à trop jouer avec le temps, Sam pourrait bien finir par en manquer... car Delatour semble prêt à tout pour s'approprier son pouvoir, peu importent les conséquences.





Le jour de ses 18 ans Sam se découvre un pouvoir bien singulier, elle fige le temps. Elle seule peut continuer à se mouvoir, alors que tout, les gens, le décor deviennent inertes, immobiles. Même le son semble coupé. D'abord paniquée, elle finit bien vite par considérer ça comme un acquis ! Outre le côté kitchissime de la manière dont elle met en place ce pouvoir que je vous laisserai découvrir, elle ne va quasiment pas exploiter ni même explorer ce pouvoir. L'auteur palpait là matière à faire quelque chose de génial, mais non Sam ne s'occupera que du nouveau beau gosse qui vient d'intégrer sa fac. Rha que ça m'a exaspéré, me retrouver dans une bluette mièvre alors que le pitch en promettait tellement plus !

Puis, la romance avançant, on se rend compte que Mathias (le beau mec) ne se fige pas lui quand Sam actionne son super pouvoir. Puis qu'il a un pouvoir lui aussi sur le temps, mais différent ( t non, je ne dirai pas lequel). Alors on se dit, enfin ! Il va se passer des choses originales. Et bien que nenni, la bluette insipide se poursuit. Je dis insipide parce qu'elle n'apporte rien, même pas une petite accélération du palpitant. 

J'ai espéré un moment également que la passion de Sam pour la photographie apporterait une agréable diversion dans le récit, mais là encore ce potentiel est largement sous exploité.

Les personnages qui tournent autour de Sam sont très caricaturaux, entre Anna la Barbie niaise à souhait et Victoire la garce qui joue les femmes fatales, Tim le meilleur ami qui aimerait être plus que ça mais qu'elle ne voit pas, ne comprend pas même... Pour tout vous dire, j'avais l'impression de lire un roman sur les premiers émois amoureux de grands ados et non de jeunes sensés être à la fac. Même le déroulement des journées, des cours calquaient plus sur du lycée. Entre les réflexions et le vocabulaire utilisés, les petits secrets et les basses vengeances immatures, je les situais tous plutôt en seconde, voire première, même pas en terminale.

Bref, je me suis passablement ennuyée et surtout je suis terriblement déçue. Les explications de l'aspect fantastique arrivent comme un cheveu sur la soupe à la toute fin et m'ont paru bien capilo-tractées. Le seul point positif que je relèverai c'est cette fin plutôt inattendue, qui ma foi est une belle pirouette. Mais bon, 315 pages pour savourer trois lignes, le compte n'y est pas !
Ceci dit c'est un livre qui se lit très vite, alors, si vous voulez savourer trois lignes...